La controverse entourant la condamnation de l'entrepreneur Do Kwon, fondateur du projet Terra, s'est intensifiée suite à la publication d'extraits clés d'un mémorandum éclairant ses actions et intentions. Au sein de la communauté crypto et parmi les experts juridiques, la question de la culpabilité de Kwon et de la présence d'une intention malveillante dans ses agissements a suscité des débats.
Avis d'expert
L'avocat spécialisé en cryptomonnaies, Gabriel Shapiro, a souligné que, malgré la gravité des accusations, la culpabilité de Do Kwon n'est pas comparable, en termes d'intention, à celle de Sam Bankman-Fried, fondateur de FTX. Selon lui, Kwon cherchait sincèrement à développer une nouvelle technologie, et non à commettre une fraude. Il insiste sur le fait que l'idée du TerraUSD (UST) comme alternative aux stablecoins centralisés demeure pertinente, notamment face à la prédominance des titres tokenisés.
Confessions et regrets
Des documents judiciaires révèlent que Kwon a admis avoir menti sur le rôle de Jump Trading dans le soutien apporté à UST dès le début, au moment où le token était dépareillé du dollar américain. Il affirme avoir voulu révéler la vérité, mais que la société le lui aurait interdit. Dans sa lettre, Kwon a exprimé des regrets pour avoir « dénigré les critiques et ignoré les avertissements ». Il a qualifié cela de « déraisonnable excès de confiance » et a admis avoir utilisé des mèmes pour « faire taire ses opposants ». Après le krach de 2022, il a sombré dans un état de détresse psychologique extrême et a frôlé le suicide.
Circonstances de l'évasion et de l'emprisonnement
Le mémorandum révèle également d'autres circonstances entourant la fuite de Kwon en Serbie, organisée sur les conseils d'avocats qui proposaient d'y transférer Terraform Labs. Son incarcération de près de deux ans au Monténégro est décrite comme extrêmement dure : Kwon ignorait qu’il devait verser des pots-de-vin aux gardiens pour obtenir de la nourriture, ce qui a entraîné une importante perte de poids. Dans une lettre, il a brièvement évoqué des rencontres avec des « politiciens et des milliardaires », mais a déclaré se souvenir à peine des détails.
Lettres de recommandation
Parmi les lettres de recommandation présentées au tribunal, certaines proviennent d’auteurs surprenants. Les fondateurs de Three Arrows Capital ont qualifié UST d’« expérience audacieuse », tout en reconnaissant son « échec catastrophique ». Un ancien employé de Terraform Labs a déclaré que Kwon était victime de l’environnement toxique dans lequel il travaillait.
En conclusion
Le débat sur la culpabilité de Do Kwon se poursuit et les avis des experts divergent. Si certains voient en ses actes le fruit d’une volonté d’innovation, d’autres pointent du doigt de graves erreurs et les conséquences de ses décisions. La question de l’intention malveillante reste ouverte et la suite de la procédure judiciaire permettra probablement d’éclaircir la situation.